Approche :

Comment former de futurs acteurs du développement durable? Des travaux récents ont montré que la durabilité ne peut être résumée au développement de solutions techniques plus performantes pour réduire nos impacts sur l’environnement. Encore faut-il que ces solutions trouvent leur place dans des pratiques, des trajectoires collectives, autrement dit : que les acteurs se les approprient et, de ce fait, les enrichissent. La durabilité est la recherche et la construction de trajectoires locales portées par une diversité d’acteurs concernés et disposant de savoirs sur ce qu’il est possible de mettre en oeuvre, ou pas. Notre objectif pédagogique est de former des acteurs capables de travailler avec cette diversité pour accompagner la recherche de solutions durables : conseillers en environnement, agents de développement durable, chercheurs, enseignants, membres d’ONG environnementales, etc. (voir notre page Débouchés)

7 compétences clés pour de futurs acteurs de la durabilité

 

  • Se situer et situer les autres acteurs de la problématique

« Ma formation et ma trajectoire personnelle ont construit ma manière de voir le monde. En me confrontant aux autres étudiants, je découvre que ce n’est qu’une discipline parmi les autres, que ma trajectoire est spécifique. Je m’efforce d’être réflexif et j’admets que le problème est partagé par d’autres, qui ont d’autres points de vue, d’autres projets. J’accepte de les prendre au sérieux ».

  • Mobiliser les méthodes de l’enquête qualitative

« Je suis capable de produire une description riche et nuancée d’une situation-problème sur base de son observation ainsi que des témoignages de ses acteurs. Pour ce faire, je m’approprie notamment des techniques d’entretien, et je retranscris ces entretiens avec sérieux. »

 

  • Comprendre finement et mobiliser des théories de sciences sociales comme outils d’analyse de la situation-problème

« Je suis capable de mobiliser des concepts théoriques pour organiser les informations et leur donner du sens. Ces grilles d’analyse me permettent de relier le cas que j’étudie à d’autres situations problématiques, d’inscrire mon travail dans une démarche d’analyse plus large. Cependant, je suis conscient du fait que ces grilles ne sont que des propositions d’interprétation du monde qui ne doivent pas écraser la réalité. »

  • Identifier dans une situation-problème les prises pour organiser la complexité

« Face à une situation-problème d’une grande complexité, je suis capable d’identifier, de cerner un problème « traitable » et de le formuler de manière explicite. Je me sers pour cela des théories que j’ai étudiées, mais pas seulement. En effet, le caractère traitable ou non d’une question dépend de mon accès au terrain, de mes données, de ce qui compte pour les acteurs du problème, etc. »

  • Savoir rendre compte de la complexité des situations et valoriser mon analyse

« Je suis conscient du fait que tout compte-rendu est une version, une proposition (et non l’expression de la vérité). J’agis donc en « artisan responsable » lorsque je rédige mes rapports, que je prépare mes présentations orales : tout ce que je signe ou m’approprie a bien été imaginé et écrit par moi. J’assume les limites de mon travail, je mets en avant ses qualités. Sur la forme, je m’efforce de produire des textes structurés, bien écrits, convaincants. Je dois être capable d’expliquer avec mes mots des idées complexes, à l’écrit ou à l’oral.»

  • Identifier et faire émerger des pistes de solution

« Je deviens capable, sur base de mon diagnostic d’une situation-problème, d’identifier des pistes de solution, d’amélioration, d’accord entre les acteurs. Mais je sais que de nombreuses incertitudes et débats impliquent que je sois capable d’endosser par ailleurs le rôle d’un médiateur capable de créer les conditions d’une délibération, d’une concertation entre les acteurs. Ce serait alors à eux de faire émerger des solutions communes. »

  • Equiper socio-techniquement ces possibles

« Je suis capable d’accompagner sur le terrain un processus validé par les acteurs eux-mêmes. Pour ce faire, je mobilise tous les outils théoriques, pratiques et méthodologiques acquis au cours de ma formation mais également mon intelligence des situations développée au fil des différents terrains et problématiques déjà abordés. Progressivement, je deviens autonome en tant que médiateur. »

 

 

La pédagogie inversée : quand d’un travail collectif bien encadré émerge une diversité de trajectoires individuelles (et inversement!)

Les groupes d’étudiants que nous encadrons sont toujours riches d’une grande diversité :

scientifique : nos master accueillent des étudiants issus de formations de bac de toutes les Facultés ainsi que de nombreuses écoles supérieures;

culturelle : les problématiques environnementales ne connaissent pas de frontières, sont fortement liées aux problématiques de rapports Nord-Sud, au questions de développement ou encore de solidarité internationale. De ce fait, chaque année, nous accueillons des étudiants de tous les continents!

en termes de projets professionnels : nous formes de futurs acteurs de terrain, avides d’action, impliqués dans des projets variés, mais de nombreuses vocations de chercheurs sont également nées dans nos classes.

en termes d’intérêts thématiques : Eau, nature, agriculture, pollutions, etc. Les compétences que nous travaillons avec nos étudiants ne sont pas liées à une thématique environnementale particulière. Elles se veulent transversales : dans chaque situation problématique liée à un enjeu d’environnement, des compétences d’analyse et des capacités de médiation sont cruciales.

Face à une telle diversité et à la complexité des problèmes d’environnement, nous sommes convaincus qu’une approche pédagogique classique est peu pertinente. Nous avons donc développé nos différents cours sur base d’une pédagogie inversée dont les principes sont les suivants : utiliser comme supports des cours non pas des syllabus classiques mais des articles scientifiques qui par définition soulèvent au moins autant de questions que de « certitudes », proposer aux étudiants des activités et cours communs tout en veillant à ce qu’ils se les approprient personnellement; mettre au coeur de la formation les connaissances, expériences et projets des étudiants; faire de chaque étudiant la source et l’acteur principal de sa formation; réserver de nombreux moments à la réflexion collective et aux débats. Les enseignants sont là pour accompagner les apprentissages, proposer des activités qui permettent d’apprendre et demander aux étudiants de rendre des comptes sur ce qu’ils ont appris.